Des imams officiels Entre en résistance en Algérie

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Amir Akef, Alger Correspondance, LE MONDE, 6 juillet 2010

Cinq imams ont été interdits de guider la prière du vendredi, le 2 juillet. Suspendus, ainsi que cinq autres fonctionnaires des affaires religieuses, ils risquent d'être définitivement révoqués. Le 28 juin, lors d'une conférence organisée à la Maison de l'imam, à Alger, la capitale, ils avaient refusé de se lever, avec le reste de l'assistance, au moment où l'hymne national algérien était entonné.
"C'est un comportement "impardonnable" aux yeux du ministre des affaires religieuses, Boualem Ghlamallah. "Un imam qui affiche une telle attitude mérite d'être destitué", a-t-il lancé.
Les imams montrés du doigt ne semblaient pas s'attendre à des réactions aussi vives. Certains ont dit regretter leur attitude. L'affaire a surtout montré l'emprise d'un salafisme dit "scientifique", qui bénéficie d'une certaine tolérance des autorités.
Le comportement des imams est conforme à la vision de ces salafistes pour qui l'hymne national n'est qu'une bidaâ. Le mot signifie textuellement une "invention", qui ne trouve pas sa source dans la religion. D'où la formule rituelle des salafistes, très souvent entendue dans les mosquées du pays : "Toute invention est égarement et tout égarement mène à l'enfer."
Ce courant n'est pas loin de voir dans le cérémonial qui accompagne l'hymne national un pur "égarement" et une "forme d'idolâtrie ".
Le fait que des imams officiels, qualifiés hier par les islamistes radicaux d'"imams CCP" - en référence à leurs salaires versés sur des comptes courants postaux -, soient perméables aux idées salafistes n'est pas une surprise. Le ministère des affaires religieuses a beau avoir repris le contrôle des mosquées, le discours de nombre d'imams reste imprégné par un salafisme bon teint.
Issu d'un islam des confréries, le ministre Ghlamallah a ordonné aux mosquées de consacrer les prêches du vendredi 2 juillet à la défense du "patriotisme et des martyrs de la révolution".
Dans les milieux modernistes, qui font profil bas ces dernières années, on attribue le comportement "arrogant" des imams à une religiosité "apolitique" fortement encouragée par les pouvoirs publics.
"Fatwas importées"
Ce courant religieux, les islamistes agréés mais surveillés de près le désignent par le nom dont il s'affuble : le "salafisme scientifique" (essalafia ilmiya). Les comportements "déviants" des imams, explique Mohamed Djemaa, du Mouvement de société de paix (MSP, affilié aux Frères musulmans), sont la conséquence de la politique de l'Etat qui a "encouragé des courants qui se disent scientifiques et apolitiques alors qu'ils ont des idées extrémistes".
Même son de cloche chez Djamel Ben Abdesselam, le secrétaire général d'un autre parti islamiste, Al Islah ("La réforme"). "Le gouvernement, explique-t-il, a combattu les modérés et a permis de se développer à un courant qui se réfère à des fatwas importées et à des balivernes." Le Rassemblement national démocratique (RND), le parti du premier ministre, Ahmed Ouyahia, a appelé à "des sanctions rigoureuses contre ceux qui se moquent des constantes nationales".
Alors que l'affaire des imams fait encore des vagues, le quotidien El Khabar rapporte que des étudiants ont refusé de se lever pour l'hymne national lors d'une cérémonie de remise de diplômes à une promotion d'ingénieurs urbanistes.

 

Appel à l'U.O.I.F et au C.FC.M ....Sauvez votre honneur ,ou deguerpissez !

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